28 novembre 2007
Putain de crabe...
08 octobre 2007
Te dire que tu comptes pour moi
Par la magie du hasard, ces quelques mots égarés dans les méandres de la grande toile ont trouvé refuge chez moi. "Te dire que tu comptes pour moi"... Que cherchait-il (ou elle) en tapant cette demi-phrase? Les paroles d'une chanson? Les traces d'une déclaration qu'un jour on lui a faite? L'inspiration pour enfin réussir à avouer ses sentiments?
12 juillet 2007

Comme tous les matins, je la lave, je l'habille, je lui brosse les dents et la coiffe.
Comme
tous les matins elle tremble, des secousses incontrôlées s'emparent de
son corps. Elle a froid, oui. Mais pas seulement. Ce matin elle est
particulièrement réticente à se déshabiller et faire sa toilette. Son
regard est plus inexpressif encore qu'à l'accoutumée. Je la sens
hostile à mon égard. Elle baisse la tête et me tourne le dos;
j'utlilise toute la douceur dont je suis capable pour obtenir sa
coopération. J'ai du mal à lui enlever son pyjama, elle résiste, dit
"Non, non!". Je dois faire preuve de fermeté, un peu, comme s'il ne
s'agissait que du caprice d'une enfant. Mais cette enfant a un peu plus
de soixante ans et elle n'a pas choisi de ne plus être elle-même. Elle
subit la loi de la maladie qui a mis un terme à sa vie "normale".
Je la regarde, elle m'émeut, petit bout de femme qui ne se regarde même plus dans le miroir quand je brosse ses cheveux. Pour quoi faire? Elle ne s'y reconnaîtrait peut-être déjà plus. Elle semble coupée d'elle-même, comme si son âme avait déserté son enveloppe charnelle. Comme une marionnette docile, elle se laisse habiller, ses yeux fixant le vide. Je me demande ce qui peut bien se passer dans sa tête. A-t'elle encore une pensée cohérente? Se rend-elle compte de sa déchéance progressive et inéluctable? Est-ce le noir complet dans son esprit, le néant? De quoi se souvient-elle exactement?
Je
me pose toutes ces questions quotidiennement, et à la fin, à chaque
fois, une seule certitude : je ne veux pas finir ma vie comme ça. Sauf
que si Alzheimer décide de s'installer en moi, je n'aurai pas
le choix.
03 juin 2007
Quand le château de cartes s'écroule
Quand l'édifice est trop fragile,
Que le miroir aux alouettes se brise
Quand le retour à la case départ se fait malgré soi...
Quand le coeur sent qu'il se trompe
et fuit méthodiquement tous les leurres
Quand l'esprit revient malgré tout
sur la voie qu'il a choisi depuis longtemps
Que faire?
13 avril 2007
Ce matin, le soleil brille haut dans un ciel presque sans nuages; l'air est agréablement frais. Je décide d'aller me promener en ville. Il y a longtemps que je n'ai pas parcouru mes chères rues, témoins muets de mes treize années de vie citadine.
Je monte dans ma voiture et pars, le coeur léger et la vitre baissée. En descendant la côte du cimetière monumental, j'aperçois en contrebas, face à moi, la ville qui se laisse deviner, belle dame encore un peu endormie sous le soleil de ce début de matinée. Cette vision suffit à éveiller en moi des envies de sourire, de chanter, de profiter pleinement de chaque minute et de chaque sensation.
Une fois garée sur la place du Boulingrin, je traverse le boulevard et me retrouve en haut de la rue Poussin, mon chemin préféré pour descendre en ville à pied. La petite rue biscornue et pentue regorge de vieilles maisons et de petits jardins cachés dans des renfoncements, lui donnant un air de village qui me plaît bien. Chaque pas effectué me rapproche un peu plus du coeur historique de la ville, et mon imagination ne se lasse pas de me plonger dans des rêveries médiévales...
Dans la rue saint Nicaise, toujours en descente, de nombreux colombages colorés, vestiges merveilleux que la seconde guerre mondiale a bien voulu épargner, rappellent cette époque lointaine. Plus bas, mes pas me guident instinctivement dans la rue Orbe, quartier animé grouillant d'étudiants. Je traverse la voie en évitant de perturber le cours d'un déménagement et suis soudain attirée vers la gauche, par le soleil qui se faufile dans la rue de l'Abbé de l'épée, illuminant d'une teinte dorée les façades plusieurs fois centenaires. A présent, s'ouvrent devant moi les grilles du jardin de l'hôtel de ville, agréable parc dont les pelouses vallonnées ont souvent accueilli mes flemmes d'étudiante. Ici, tout le monde profite pleinement de la douceur de ce jour printanier : je dépasse un couple dont le bébé, titubant sous le regard fier de ses parents, ébauche ses premiers pas sur le chemin poussiéreux. Un homme assis sur un banc, engourdi par la chaleur et rougissant à vue d'oeil, s'est endormi, les mains croisées sur son opulente bedaine.
Rue de l'Hôpital, la foule un peu plus compacte des passants me fait ressentir la proximité du quartier piétonnier, le plus fréquenté de la ville. Sur les pavés usés de la rue des Carmes, je manque, comme souvent, de me tordre une cheville, toute absorbée que je suis, le menton relevé, dans la contemplation des maisons. Les rez de chaussée ne m'intéressent pas; je laisse les boutiques chic à la population essentiellement bourgeoise qui y fourmille. Je préfère laisser mon regard s'attarder en hauteur sur les murs des quelques bâtisses moyennâgeuses qui ont résisté aux bombardements. Surtout, j'ouvre grand les yeux en arrivant sur la place de la Cathédrale. Jamais je ne me lasse d'admirer de l'extérieur cet édifice imposant et grâcieux à la fois, dont la blancheur se découpe dans l'azur.
Fidèle à mon habitude, je parcours ensuite la rue du Gros Horloge, dont le charme éternel, renommé partout dans le monde, attire de plus en plus de touristes asiatiques. Un petit crochet par la rue Rollon me permet de tomber nez à nez avec les étals colorés d'un marchand de primeurs. La bonne humeur des passants qui s'agitent devant les paniers remplis d'appétissants fruits et légumes fait plaisir à voir. Dans cette région réputée pour son climat plutôt humide, le moindre rayon de soleil suffit à métamorphoser les habitants. La morosité laisse place à une décontraction très agréable; les sourires apparaissent plus volontiers sur les visages. Aujourd'hui est donc le jour idéal pour en faire provision! Je ne m'en prive pas, et c'est le coeur léger que je retourne à ma voiture.
01 mars 2007
Entraide
Je fais un aparté dans ce blog pour participer à la diffusion du message suivant, destiné à faire connaître l'histoire d'Alexandre, petit garçon de 4 ans victime d'une maladie orpheline... J'ai été très émue en lisant son histoire, j'espère que vous aussi vous sentirez concernés.

Message de Bévéziers (blog en lien) :
AIDONS LE!!!!!
Mes chers visiteurs. J'ai appris très récemment qu'un bon ami, a besoin de mon aide et de l'aide de tout le monde. La mission: sauver un enfant de 4 ans, son enfant...... Je vous demande s'il était possible à tous de faire un petit message dans vos blogs respectifs, et ou d'envoyer l'adresse du site à vos correspondants mails.... Ce n'est pas un canulard, Je suis touché par ce drame, et je crois que l'on peut faire marcher une solidarité exemplaire... je compte sur vous et vous remercie...
Vous pouvez adresser vos dons à l' association Les Képis Pescalunes (http://membres.lycos.fr/kepispescalunes/)
Par l'intermédiaire du docteur Thierry LEBLANC de l'hôpital St Louis à
Paris, nous avons pu entrer en contactavec le professeur DOKAL à Londres,
spécialiste mondiale de la dyskératose congénitale.
Alexandre va s'envoler pour l'Angleterre et sera reçu par cet éminentde science moléculaire de l'hôpital
praticien le 13 mars 2007 à l'institut
« Barts and The London Queen Mary's School of Medicine ». Un rayon d'espoir....
Voici le site de ce petit garçon qui mérite plus que tout de gouter
à la vie: http://monsite.orange.fr/rayondesoleil
Pour vos dons : Les Képis Pescalunes Opération un Rayon de Soleil
pour Alexandre Sonia et Peter SCHMIDTBAUER 38 avenue de
Melgueil 34280 LA GRANDE MOTTE
11 février 2007
Alegria
Je marche depuis un moment, seule, dans les rues pavées de ma ville. Le claquement sec de mes talons résonne à l'infini entre les murs épais des vieilles maisons à colombage. Je ne suis pas pressée. Je me balade, le nez en l'air, comme souvent. Le ciel se découpe en un long et étroit couloir coincé entre les bords des toits. Il est bleu, d'un bleu pur et profond que l'on n'aperçoit que rarement dans cette contrée humide.
Il flotte un parfum de cuisine dans l'air léger, une odeur alléchante qui semble provenir d'un bon plat en sauce qui mijote tranquillement. Du moins, c'est ce que je me plais à imaginer. Je savoure chacune de ces molécules de bonheur olfactif... Devant moi, un homme d'un certain âge répond au sourire qui ne lui était pourtant pas destiné; je souriais simplement à la vie et à ses petites joies simples. Le sourire est contagieux... Cette seule pensée suffit à faire naître en moi une bulle d'allégresse qui me traverse entièrement avec une force incroyable. Et si le bonheur était à portée de mains, d'yeux, d'oreilles, de cœur...? S'il suffisait de le vouloir, et d'avoir la volonté de saisir ces petits bonheurs à notre portée? S'il n'y avait qu'à se laisser porter doucement dans le sens du vent? Gommer le gris de notre ciel intérieur, en y mettant à la place une collection de petits nuages blancs, comme autant de petits riens qui font tout... Refuser de se laisser gagner par la morosité dont nous nous accommodons par faiblesse...
J'ai l'impression de flotter. Ca fait si longtemps que ça ne m'était pas arrivé...